Les aides personnelles au logement réduisent la part du loyer restant à la charge des ménages aux revenus modestes. Elles existent sous trois formes : l'aide personnalisée au logement, ou APL, l'allocation de logement familiale, ou ALF, et l'allocation de logement sociale, ou ALS. On ne peut en percevoir qu'une à la fois, et c'est la caisse d'allocations familiales, ou la mutualité sociale agricole pour les assurés du régime agricole, qui détermine laquelle s'applique.
Le locataire n'a pas à choisir : il dépose une seule demande d'aide au logement, et la caisse attribue l'aide correspondant à sa situation. Comprendre la différence reste utile pour savoir ce qui conditionne le droit et le montant.
En bref. L'APL concerne les logements conventionnés, dont la plupart des logements HLM. Pour les autres logements, l'ALF est versée aux foyers avec personnes à charge et l'ALS aux autres. Les trois aides dépendent des ressources du foyer sur les douze derniers mois, actualisées tous les trois mois, de la composition du foyer, du loyer et de la zone géographique. L'aide est due à partir du mois suivant la demande et versée le 5 du mois.
Selon Service-public, l'aide personnalisée au logement est attribuée lorsque le logement fait l'objet d'une convention entre l'État et le propriétaire ou l'organisme gestionnaire. La plupart des logements HLM sont conventionnés, de même que les logements privés ayant fait l'objet d'une convention avec l'Agence nationale de l'habitat. Le propriétaire doit indiquer au locataire si son logement est conventionné.
L'APL est également ouverte aux résidents de certains établissements conventionnés : établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, résidences autonomie, résidences pour étudiants ou logements-foyers.
Lorsque le logement n'est pas conventionné, l'allocation de logement familiale est versée aux foyers qui ont des enfants ou d'autres personnes à charge, ainsi que dans certaines autres situations familiales prévues par les textes.
L'allocation de logement sociale concerne les personnes qui ne peuvent bénéficier ni de l'APL ni de l'ALF : étudiants, jeunes actifs, personnes seules ou couples sans personne à charge logés dans le parc privé non conventionné.
Les trois aides obéissent aujourd'hui à des règles de calcul très proches. En pratique, pour le locataire, la différence tient surtout au critère d'attribution, et au fait que l'APL est en règle générale versée directement au bailleur.
Peuvent bénéficier d'une aide, selon Service-public :
- les locataires ;
- les colocataires, le calcul tenant compte de la part de loyer versée par chacun ;
- les sous-locataires déclarés au propriétaire, sous conditions ;
- les résidents en établissement.
Il n'existe pas d'âge minimum. Une personne étrangère peut en bénéficier si elle dispose d'un titre de séjour en cours de validité.
Depuis le 1er juillet 2026, selon Service-public, les étudiants ressortissants d'un pays extérieur à l'Union européenne, à l'Espace économique européen et à la Suisse, titulaires d'un titre de séjour délivré pour les études, ne peuvent bénéficier de l'APL que dans trois cas : s'ils perçoivent une bourse sur critères sociaux, s'ils exercent une activité professionnelle, ou s'ils sont engagés dans un contrat d'apprentissage ou de professionnalisation.
L'aide est exclue lorsque le propriétaire est un ascendant ou un descendant du demandeur, de son conjoint ou de son partenaire de pacte civil de solidarité. Elle reste possible lorsque le propriétaire est un frère, une sœur, un oncle, une tante ou un cousin. Elle est également exclue lorsque le demandeur détient une part de propriété ou l'usufruit du logement.
Le logement doit être la résidence principale du demandeur, c'est-à-dire occupé au moins huit mois par an, sauf exceptions. Il doit être situé en France et respecter des critères de décence et de peuplement. Lors de la demande, le bailleur atteste notamment de la superficie et de la décence du logement, en s'appuyant entre autres sur le diagnostic de performance énergétique.
Notre outil de vérification de la décence permet de vérifier les critères qu'un logement doit remplir.
L'aide est attribuée sous conditions de ressources, avec des plafonds qui varient selon la composition du foyer et la localisation du logement. Depuis la réforme dite de la contemporanéisation, entrée en vigueur en 2021, les ressources de l'ensemble des personnes du foyer sont prises en compte sur les douze derniers mois, et actualisées automatiquement tous les trois mois, sans démarche du bénéficiaire.
Un étudiant rattaché au foyer fiscal de parents redevables de l'impôt sur la fortune immobilière ne peut pas bénéficier de l'aide.
Le montant dépend, selon Service-public :
- du nombre de personnes à charge vivant habituellement dans le logement ;
- des ressources du demandeur, de son conjoint et des personnes vivant habituellement avec lui ;
- de la valeur du patrimoine immobilier et financier du foyer, lorsqu'elle dépasse 30 000 euros ;
- du montant du loyer, retenu dans la limite d'un plafond qui dépend de la zone géographique.
Le territoire est divisé en zones, numérotées 1, 1 bis, 2 et 3, qui déterminent les loyers plafonds pris en compte. Un loyer supérieur au plafond n'augmente pas l'aide.
Une hausse du loyer en cours d'année n'est pas prise en compte immédiatement. Au 1er janvier de l'année suivante, la caisse recalcule l'aide à partir du loyer du mois de juillet précédent.
Le moyen le plus fiable pour estimer son droit reste le simulateur officiel, disponible sur le site de la caisse d'allocations familiales et sur celui de la mutualité sociale agricole.
La demande se fait en ligne sur le site de la caisse dont relève le demandeur, après création d'un compte. Elle peut aussi être faite par formulaire papier. Le bailleur doit remplir une attestation de loyer. Selon Service-public, le délai moyen de traitement d'un dossier complet à la Caf est de 36,5 jours, soit environ 1,2 mois.
L'aide est due à partir du premier jour du mois qui suit la demande, et elle est payée le 5 de chaque mois. Exemple donné par Service-public : pour un emménagement le 15 octobre, les droits s'ouvrent en novembre et le premier versement intervient le 5 décembre. Il est donc important de faire la demande dès l'entrée dans les lieux.
L'APL est en règle générale versée directement au bailleur, qui la déduit du loyer. L'ALF et l'ALS peuvent également être versées au bailleur, ce qui est fréquent, ou au locataire selon les cas.
Le versement peut être suspendu ou interrompu lorsque le logement ne remplit plus les critères de décence ou de peuplement, lorsque le locataire ne paie plus son loyer, ou lorsqu'il ne fournit pas les justificatifs demandés. Selon Service-public, le versement peut être interrompu après au moins deux mois de loyers impayés, sauf exceptions.
Dans le cas d'un logement non décent, la caisse peut conserver l'aide au lieu de la verser au bailleur, le temps que les travaux soient réalisés, le locataire ne payant alors que le loyer diminué de l'aide.
Tout changement de situation d'un membre du foyer, comme une naissance, une séparation ou la perte d'un emploi, doit être déclaré rapidement. En cas de déménagement, une nouvelle demande est nécessaire pour le nouveau logement.
Le demandeur peut contester un refus dans un délai de deux mois à compter de la notification, de préférence depuis son espace en ligne. En cas d'échec, il peut saisir la commission de recours amiable de la caisse.
Un étudiant peut-il toucher l'aide tout en restant rattaché fiscalement à ses parents ?
Oui, sauf si ses parents sont redevables de l'impôt sur la fortune immobilière. En revanche, les parents ne perçoivent plus de prestations familiales pour lui.
Chaque colocataire peut-il demander l'aide ?
Oui. Chacun doit figurer sur le bail et déclarer ses propres ressources. L'aide est calculée sur sa part de loyer.
Les parents séparés en garde alternée peuvent-ils tous deux en bénéficier ?
Oui, chacun pour la période pendant laquelle il accueille l'enfant au cours de l'année.
L'aide est-elle possible pour une résidence secondaire ?
Non. Seule la résidence principale ouvre droit à l'aide.
Le bailleur peut-il refuser de remplir l'attestation de loyer ?
Il n'a pas de raison légitime de le faire pour un logement décent. En cas de difficulté, l'agence départementale d'information sur le logement peut renseigner le locataire.
Un sous-locataire peut-il percevoir l'aide ?
Oui, sous conditions. Pour la sous-location d'une partie du logement, Service-public indique que le locataire et le sous-locataire peuvent tous deux en bénéficier si le propriétaire a été informé de la sous-location et si le sous-locataire a moins de trente ans, plus de soixante ans ou est en situation de handicap.
- Service-public, « Aide personnalisée au logement (APL) », fiche F12006, vérifiée le 1er juillet 2026, consulté le 12 octobre 2026.
- Code de la construction et de l'habitation, articles R822-3 à R823-15, Légifrance, consulté le 12 octobre 2026.
- Caisse d'allocations familiales, simulateur d'aide au logement, consulté le 12 octobre 2026.