Rénovation énergétique : MaPrimeRénov' et éco-PTZ en 2026
Isoler une toiture, remplacer une chaudière, changer les fenêtres : les travaux de rénovation énergétique coûtent cher, mais ils peuvent être financés en partie par l'État. Deux dispositifs dominent : MaPrimeRénov', une prime versée par l'Agence nationale de l'habitat, et l'éco-prêt à taux zéro, distribué par les banques. Leurs règles changent souvent. Ce guide reprend celles qui figurent sur les fiches de Service-public vérifiées le 1er septembre 2026, que nous avons consultées le 12 octobre 2026.
En bref. MaPrimeRénov' comporte deux volets. La rénovation d'ampleur finance un ensemble de travaux dans un logement classé E, F ou G, avec un gain d'au moins deux classes, un accompagnement obligatoire et un taux de prise en charge de 10 à 80 % selon les revenus, sur un plafond de dépenses de 30 000 ou 40 000 euros hors taxes. Le parcours par geste finance, en métropole, un nombre limité d'équipements, comme les pompes à chaleur air/eau ou géothermiques, pour les ménages aux revenus très modestes, modestes ou intermédiaires. L'éco-PTZ, sans condition de ressources, prête jusqu'à 50 000 euros sans intérêts. Les deux se cumulent.
Pourquoi rénover maintenant
La classe énergétique d'un logement pèse de plus en plus sur sa valeur et sur la possibilité de le louer. En France métropolitaine, les logements classés G ne peuvent plus faire l'objet d'un nouveau bail depuis le 1er janvier 2025, car ils ne sont plus considérés comme décents, et le calendrier prévoit la même règle pour les logements classés F à partir de 2028, puis E à partir de 2034, selon l'article 6 de la loi du 6 juillet 1989 ; en outre-mer, les échéances sont fixées à 2028 pour les G et 2031 pour les F. Pour un propriétaire bailleur, les travaux sont donc souvent une condition pour continuer à louer.
Notre outil DPE menacé indique, selon la classe d'un logement, à partir de quand sa location risque d'être compromise.
MaPrimeRénov' Rénovation d'ampleur
Les logements concernés
La rénovation d'ampleur concerne uniquement les logements classés E, F ou G sur le diagnostic de performance énergétique avant la première étape de travaux. Le logement doit avoir été construit depuis au moins quinze ans à la date de notification de la décision d'octroi de la prime. Ce volet ne s'applique pas en outre-mer.
Les bénéficiaires
La prime est ouverte aux propriétaires occupants et aux propriétaires bailleurs, ainsi qu'aux titulaires d'un droit réel immobilier, comme un usufruitier.
- Le propriétaire occupant doit occuper le logement comme résidence principale, au plus tard un an après la demande de paiement du solde, pendant au moins trois ans.
- Le propriétaire bailleur doit louer le logement comme résidence principale, dans le même délai, pendant au moins six ans. Il doit informer son locataire des travaux financés et, s'il envisage de réévaluer le loyer en raison de ces travaux, déduire le montant de la prime du coût des travaux retenu pour cette réévaluation.
Un acheteur peut déposer une demande dès la signature d'un compromis de vente, à condition de fournir ensuite un justificatif de propriété pour recevoir la prime.
Les travaux exigés
Les travaux peuvent être réalisés en une ou deux étapes. La première étape doit permettre un gain d'au moins deux classes sur le DPE, par exemple de F à D. Elle doit comprendre au moins deux postes de travaux portant sur l'enveloppe du bâtiment parmi les quatre suivants :
- l'isolation des murs, par l'intérieur ou par l'extérieur ;
- l'isolation des planchers bas ;
- l'isolation de la toiture, des combles perdus ou de la toiture terrasse ;
- le remplacement des fenêtres et portes-fenêtres, ou la pose de doubles fenêtres.
Pour chaque poste retenu, les surfaces traitées doivent représenter au moins 25 % du logement. Si une seconde étape est engagée, elle doit permettre d'atteindre au moins la classe C pour un logement initialement classé F ou G, ou la classe B pour un logement classé E.
Un audit énergétique avant et après travaux justifie le classement du logement. Une attestation téléchargeable peut, sous conditions, remplacer l'audit pour justifier la classe avant et après travaux.
Les nouveautés du 1er septembre 2026
Selon Service-public, depuis le 1er septembre 2026, la rénovation d'ampleur ne peut plus être accordée dans une maison individuelle si un chauffage au gaz est conservé après les travaux. Il n'est plus possible non plus de financer une pompe à chaleur comportant un appoint fossile, dite hybride, au gaz ou au fioul.
Les plafonds de ressources
Les revenus pris en compte sont les revenus fiscaux de référence de l'année précédente, soit ceux de 2025 pour une demande faite en 2026, de l'ensemble des occupants. Pour un logement loué, ce sont ceux du propriétaire bailleur. Les ménages sont répartis en quatre catégories, désignées par une couleur.
Hors Île-de-France :
| Personnes du foyer | Très modestes (Bleu) | Modestes (Jaune) | Intermédiaires (Violet) | Supérieurs (Rose) |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Jusqu'à 17 363 € | Jusqu'à 22 259 € | Jusqu'à 31 185 € | Au-delà de 31 185 € |
| 2 | Jusqu'à 25 393 € | Jusqu'à 32 553 € | Jusqu'à 45 842 € | Au-delà de 45 842 € |
| 3 | Jusqu'à 30 540 € | Jusqu'à 39 148 € | Jusqu'à 55 196 € | Au-delà de 55 196 € |
| 4 | Jusqu'à 35 676 € | Jusqu'à 45 735 € | Jusqu'à 64 550 € | Au-delà de 64 550 € |
| 5 | Jusqu'à 40 835 € | Jusqu'à 52 348 € | Jusqu'à 73 907 € | Au-delà de 73 907 € |
| Par personne en plus | + 5 151 € | + 6 598 € | + 9 357 € | + 9 357 € |
En Île-de-France :
| Personnes du foyer | Très modestes (Bleu) | Modestes (Jaune) | Intermédiaires (Violet) | Supérieurs (Rose) |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Jusqu'à 24 031 € | Jusqu'à 29 253 € | Jusqu'à 40 851 € | Au-delà de 40 851 € |
| 2 | Jusqu'à 35 270 € | Jusqu'à 42 933 € | Jusqu'à 60 051 € | Au-delà de 60 051 € |
| 3 | Jusqu'à 42 357 € | Jusqu'à 51 564 € | Jusqu'à 71 846 € | Au-delà de 71 846 € |
| 4 | Jusqu'à 49 455 € | Jusqu'à 60 208 € | Jusqu'à 84 562 € | Au-delà de 84 562 € |
| 5 | Jusqu'à 56 580 € | Jusqu'à 68 877 € | Jusqu'à 96 817 € | Au-delà de 96 817 € |
| Par personne en plus | + 7 116 € | + 8 663 € | + 12 257 € | + 12 257 € |
Le montant de l'aide
L'aide est calculée en pourcentage du montant hors taxes des travaux, dans la limite d'un plafond de dépenses qui dépend du gain énergétique :
| Gain sur le DPE | Plafond de dépenses | Bleu | Jaune | Violet | Rose |
|---|---|---|---|---|---|
| 2 classes | 30 000 € HT | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % |
| 3 classes ou plus | 40 000 € HT | 80 % | 60 % | 45 % | 10 % |
Le total des aides publiques ne peut pas dépasser un pourcentage du coût des travaux toutes taxes comprises : 100 % pour les ménages très modestes, 90 % pour les ménages modestes, 80 % pour les ménages intermédiaires et 50 % pour les ménages aux revenus supérieurs.
Dans ce volet, le ménage n'a pas à demander lui-même les certificats d'économies d'énergie : l'Anah s'en charge et les intègre au calcul de la prime. Il s'engage en contrepartie à ne pas en faire la demande personnellement.
Un accompagnement obligatoire
La démarche commence obligatoirement par un rendez-vous gratuit avec un conseiller France Rénov', joignable au 0 808 800 700, qui remet une attestation de contact indispensable au dossier. Le ménage doit ensuite être suivi par Mon Accompagnateur Rénov', qui élabore les scénarios de travaux, aide à monter le dossier et suit le chantier jusqu'à la réception.
Cette prestation est prise en charge à 100 % pour les ménages très modestes, 80 % pour les modestes, 40 % pour les intermédiaires et 20 % pour les ménages aux revenus supérieurs, dans la limite de 2 000 euros, ou de 4 000 euros dans certaines situations d'habitat indigne ou de précarité énergétique.
Les délais
Les travaux ne peuvent commencer qu'après l'accusé de réception de l'Anah, sauf urgence ou catastrophe naturelle. Ils doivent être achevés dans un délai de trois ans à compter de la notification de la décision, ou d'un an en cas d'avance, avec une prolongation possible de deux ans au plus pour des motifs prévus par la réglementation. Une seconde prime peut être demandée dans les cinq ans pour une seconde étape, une fois la première versée.
MaPrimeRénov' Parcours par geste
Une liste de travaux resserrée
En métropole, le parcours par geste ne finance plus qu'un nombre limité d'opérations : pompes à chaleur géothermiques ou solarothermiques, pompes à chaleur air/eau, raccordement à un réseau de chaleur ou de froid alimenté majoritairement par des énergies renouvelables ou de récupération, dépose d'une cuve à fioul et audit énergétique réalisé hors obligation réglementaire. L'isolation n'y figure plus en métropole. L'outre-mer bénéficie d'une liste plus large, qui comprend notamment des protections solaires et le chauffe-eau solaire.
Les montants en métropole
| Opération | Bleu | Jaune | Violet | Dépense plafond |
|---|---|---|---|---|
| Pompe à chaleur géothermique ou solarothermique | 11 000 € | 9 000 € | 6 000 € | 18 000 € |
| Pompe à chaleur air/eau | 5 000 € | 4 000 € | 3 000 € | 12 000 € |
| Raccordement à un réseau de chaleur ou de froid | 1 200 € | 800 € | 400 € | 1 800 € |
| Dépose d'une cuve à fioul | 1 200 € | 800 € | 400 € | 4 000 € |
| Audit énergétique | 500 € | 400 € | 300 € | 800 € |
En métropole, les ménages aux revenus supérieurs ne bénéficient pas du parcours par geste. Les plafonds de ressources sont les mêmes que pour la rénovation d'ampleur.
Les conditions
Le logement doit avoir au moins quinze ans, délai ramené à deux ans pour une pompe à chaleur ou un raccordement à un réseau de chaleur. Il doit être occupé ou loué comme résidence principale, avec un engagement de location de six ans pour un bailleur. Les travaux doivent être réalisés par une entreprise reconnue garante de l'environnement, dite RGE, sauf exceptions, et achevés dans un délai de deux ans. Une nouvelle prime peut être demandée dans les cinq ans, à condition que le cumul des deux primes ne dépasse pas 20 000 euros.
Le parcours par geste se cumule avec les certificats d'économies d'énergie versés par les fournisseurs d'énergie.
Le dépôt de la demande
Un compte personnel
La demande de MaPrimeRénov' se fait en ligne, sur le site de l'Anah. Selon Service-public, seul le demandeur peut créer son compte. Il peut ensuite désigner un tiers, par exemple une entreprise, une collectivité ou un proche, comme mandataire de gestion administrative, pour monter le dossier, ou comme mandataire financier, pour percevoir la prime pour son compte. Ce mandataire doit s'identifier auprès de l'Anah et attester sur l'honneur de l'absence de condamnation pénale.
Un accusé de réception n'est pas un accord
Après le dépôt, le demandeur reçoit un accusé de réception. Il ne vaut pas attribution : l'Anah décide en fonction de l'intérêt du projet et dans la limite des crédits inscrits à son budget, et elle motive ses refus. Le devis ne doit être signé qu'après la confirmation de l'attribution. À la fin des travaux, le demandeur transmet en ligne les factures et justificatifs pour obtenir le versement du solde.
L'éco-prêt à taux zéro
Le principe
L'éco-PTZ est un prêt sans intérêts, accordé sans condition de ressources par les banques et sociétés de financement ayant signé une convention avec l'État. Il finance des travaux dans une résidence principale construite depuis plus de deux ans à la date du début des travaux. Le propriétaire bailleur doit louer le logement dans les six mois suivant la fin des travaux. La banque examine la demande comme pour tout crédit, au regard de l'endettement et de la capacité de remboursement.
Les montants
| Type de travaux | Montant maximal | Durée maximale |
|---|---|---|
| Une action sur les parois vitrées | 7 000 € | 15 ans |
| Une action d'une autre nature | 15 000 € | 15 ans |
| Deux actions | 25 000 € | 15 ans |
| Trois actions ou plus | 30 000 € | 15 ans |
| Rénovation globale, gain d'au moins 2 classes | 50 000 € | 20 ans |
| Assainissement non collectif sans énergie | 10 000 € | 15 ans |
Pour la rénovation globale, un audit énergétique préalable doit démontrer un gain d'au moins deux classes, et les travaux doivent être conformes à ceux de la rénovation d'ampleur de MaPrimeRénov'.
Jusqu'au 31 décembre 2027, un éco-PTZ complémentaire peut être demandé dans les cinq ans suivant l'offre du premier, dans la limite de 50 000 euros au total, ou de 30 000 euros dans certains cas.
Les obligations
Les travaux, réalisés par une entreprise RGE sauf pour l'assainissement, doivent être achevés dans un délai de trois ans, avec des possibilités d'allongement limitées. Les justificatifs doivent être transmis dans le même délai. Tant que le prêt n'est pas remboursé, le logement ne peut pas devenir une résidence secondaire, un local professionnel ou une location saisonnière. La vente du logement entraîne le remboursement du capital restant dû.
Les autres leviers
- La TVA à 5,5 % s'applique aux travaux de rénovation énergétique.
- Les certificats d'économies d'énergie, versés par les fournisseurs d'énergie, se cumulent avec le parcours par geste et l'éco-PTZ.
- Le prêt avance rénovation et les aides des collectivités locales peuvent compléter le financement.
- Le déficit foncier permet au bailleur au régime réel d'imputer certains travaux sur son revenu global, dans les limites prévues par la loi.
Un exemple
Un couple sans enfant vit hors Île-de-France dans une maison classée F. Son revenu fiscal de référence 2025 s'élève à 40 000 euros, ce qui le place dans la catégorie intermédiaire. Il engage 38 000 euros hors taxes de travaux d'isolation des murs et des combles, avec une nouvelle ventilation et une pompe à chaleur air/eau, pour atteindre la classe C, soit un gain de trois classes.
La prime de rénovation d'ampleur atteint 45 % de 38 000 euros, soit 17 100 euros. Le couple peut financer une partie du reste à charge par un éco-PTZ, dans la limite de 50 000 euros pour une rénovation globale. Le montant définitif dépend du coût toutes taxes comprises, des autres aides et de l'écrêtement à 80 %. Le simulateur public permet d'affiner cette estimation.
Les points de vigilance
- Méfiez-vous du démarchage : Service-public rappelle que l'administration ne démarche jamais par téléphone, courriel ou courrier.
- Ne signez pas le devis trop tôt : pour MaPrimeRénov', les travaux ne doivent commencer qu'après l'accusé de réception de l'Anah.
- Vérifiez la qualification RGE de l'entreprise dans l'annuaire officiel.
- Contrôlez la date de visite préalable du professionnel, qui doit figurer sur le devis et sur la facture.
- Conservez tous les justificatifs : l'Anah peut contrôler les travaux et demander le reversement de la prime en cas de non-conformité.
Questions fréquentes
Un locataire peut-il demander MaPrimeRénov' ? Non. La prime est réservée aux propriétaires et aux titulaires de certains droits réels. Un locataire peut en revanche signaler à son bailleur un logement indécent.
Peut-on cumuler MaPrimeRénov' et l'éco-PTZ ? Oui. L'éco-PTZ peut financer le reste à charge des travaux ayant ouvert droit à MaPrimeRénov'.
Une copropriété peut-elle en bénéficier ? Oui, par des dispositifs propres, comme MaPrimeRénov' Copropriété et l'éco-PTZ Copropriété, qui financent les travaux sur les parties communes.
Faut-il faire l'avance des travaux ? La prime est versée après les travaux, en une fois. Une avance peut être accordée aux ménages très modestes dans le parcours par geste, dans la limite de 50 % du montant prévisionnel.
Les règles peuvent-elles encore changer ? Oui. Les barèmes et la liste des travaux évoluent régulièrement. Il est prudent de vérifier les conditions sur Service-public et auprès de France Rénov' avant de déposer un dossier.
Sources
- Service-public, fiche F35083 « MaPrimeRénov' », vérifiée le 1er septembre 2026, consulté le 12 octobre 2026.
- Service-public, fiche F19905 « Éco-prêt à taux zéro », vérifiée le 1er septembre 2026, consulté le 12 octobre 2026.
- Décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, Légifrance, consulté le 12 octobre 2026.
- Code général des impôts, article 244 quater U, et code de la construction et de l'habitation, articles D319-1 et suivants, Légifrance, consulté le 12 octobre 2026.
